Réduire l'empreinte carbone de ses vacances : 9 conseils faciles à appliquer

Voyager reste un plaisir auquel beaucoup tiennent, mais c'est aussi l'un des postes les plus émetteurs de CO₂ dans notre mode de vie. Sans bouleverser ses habitudes, il est possible de réduire sensiblement l'impact environnemental de ses vacances. Transport, hébergement, alimentation ou consommation d'énergie : voici 9 gestes qui permettent de voyager de manière plus responsable.

Côté transport 🚗 

1. Avant de prendre l’avion, regarder les alternatives

Selon les données Impact CO₂ de l’ADEME1, un vol moyen-courrier émet en moyenne 185 g de CO₂e par kilomètre et par passager. À titre de comparaison, un trajet en TGV représente environ 2,93 g de CO₂e par kilomètre sur la même base : soit un impact carbone jusqu’à 60 fois inférieur à celui de l’avion sur une distance équivalente. 

Sur les liaisons européennes où l’offre ferroviaire existe, le train reste donc largement moins émetteur que l’avion ou la voiture individuelle : mieux vaut comparer temps de trajet et prix avant de réserver un vol par automatisme.

2. Covoiturer plutôt que rouler seul

Si votre trajet s’y prête et que l’idée vous séduit, privilégiez le covoiturage. À quatre dans une même voiture, l’impact carbone par personne est divisé par quatre. C’est souvent l’un des gestes les plus simples à adopter, mais aussi l’un des plus efficaces pour réduire les émissions sur un trajet donné. En prime, le covoiturage est une belle occasion de faire des rencontres, d’échanger avec d’autres voyageurs et, parfois, de créer de véritables liens d’amitié au fil des trajets.

3. Se déplacer autrement une fois sur place

Une fois arrivé à destination, rien n'oblige à reprendre la voiture pour chaque déplacement. Marcher, enfourcher un vélo ou emprunter les transports en commun permet souvent de découvrir les lieux sous un autre angle.

Dans le même esprit, partir moins loin mais rester plus longtemps est une habitude qui mérite d'être envisagée. En limitant les trajets et en prenant le temps d'explorer une région, on voyage souvent de manière plus sereine… et plus responsable.

📌À lire aussi : Top 5 des meilleures destinations accessibles en train depuis la France

Côté alimentation 🍎

4. Manger local et de saison 

Acheter sur les marchés locaux plutôt que dans les grandes surfaces permet de réduire le transport des aliments. Les produits viennent souvent de producteurs proches du lieu de vacances, ce qui limite les longues distances parcourues par les marchandises avant d’arriver dans l’assiette. Ce choix soutient aussi l’économie du territoire visité.

5. Réduire la part de viande et de produits transformés 

L’objectif n’est pas de changer complètement son alimentation ni de se priver pendant les vacances. De petits changements dans ses habitudes peuvent déjà réduire l’impact carbone des repas. La production de certains aliments, comme la viande de bœuf ou les produits très transformés, génère davantage d’émissions que d’autres. L’idée est surtout de varier son alimentation tout en continuant à profiter des plaisirs culinaires du séjour.

6. Limiter le gaspillage et le plastique à usage unique 

Chaque personne vivant en France jette en moyenne 25 kg de nourriture par an, un chiffre qui a tendance à grimper pendant les vacances, notamment avec les formules en pension complète ou en « all inclusive », où les quantités proposées sont parfois plus importantes que les besoins réels.

Côté emballages, l’ADEME estime qu’environ 325 000 tonnes d’emballages alimentaires sont jetées chaque année en France, souvent hors des circuits de tri classiques.

Deux réflexes limitent facilement ces dérives : adapter les quantités quand on cuisine soi-même (en camping ou en location) et emporter une gourde réutilisable plutôt que des bouteilles jetables. Pour transporter facilement des provisions ou un pique-nique sans alourdir les bagages, une glacière souple (plus légère et plus compacte qu’un modèle rigide) est aussi une option pratique à envisager.

Côté hébergement 🏠

7. Choisir un hébergement plus sobre 

Tous les hébergements de vacances n’ont pas le même impact carbone : ceux construits « en dur » ont nécessité beaucoup de matière et d’énergie, alors qu’un hébergement de plein air comme le camping ne demande aucune construction. 

Selon une infographie ADEME/Impact CO₂ 2, une nuit type revient à environ :

  • 7 kg CO₂e en résidence secondaire
  • 5,3 kg CO₂e à l’hôtel
  • 5,2 kg CO₂e en location saisonnière
  • 1,4 kg CO₂e en camping

Le camping peut ainsi émettre jusqu’à cinq fois moins de CO₂ qu’une nuit à l’hôtel. Pour faire un choix plus responsable, les labels environnementaux peuvent servir de repère, comme l’Écolabel européen, la Clef Verte, ou encore Écogîte et Gîte Panda pour les hébergements situés en milieu rural.

8. Adopter les bons réflexes sur place 

Quelques habitudes, répétées sur toute la durée du séjour, finissent par peser dans le bilan carbone et la consommation d’eau du séjour :

  • Limiter la climatisation : fermer les volets avant que le soleil ne tape sur les vitres, aérer la nuit plutôt que climatiser, et ne déclencher la clim qu’au-delà de 26 °C si besoin.
  • Réduire sa consommation d’eau : une douche de 5 minutes consomme 3 à 4 fois moins d’eau qu’un bain.
  • Garder ses serviettes plusieurs jours à l’hôtel : le traitement du linge hôtelier représente, à l’échelle de la France, environ 10 millions de m³ d’eau et 15 000 tonnes de produits lessiviels par an.
  • Privilégier la marche ou le vélo pour les petits trajets sur place plutôt que la voiture.
  • Ne rien laisser dans la nature : un simple mégot peut polluer jusqu’à 500 litres d’eau et met plusieurs années à se décomposer.

Avant de partir, un geste qu’on oublie presque toujours 🔌

9. Éteindre et débrancher ses appareils électriques

Les appareils en veille (box internet, télévision, chargeurs, ordinateur) continuent de consommer de l’électricité même éteints, et cette consommation fantôme n’est pas négligeable sur plusieurs semaines d’absence.

Tout dépend cependant de la durée du départ. Pour un long séjour, deux ou trois semaines et plus, couper l’électricité au disjoncteur principal et vider le réfrigérateur a du sens. Cela évite une consommation inutile et le risque qu’un aliment tourne pendant l’absence. Pour un simple week-end prolongé ou une semaine de vacances, ce n’est ni nécessaire ni très utile : l’énergie économisée est minime, et remettre le frigo en route à chaque fois use inutilement l’appareil et complique le retour.

Voyager autrement, pas voyager moins bien

Réduire l’empreinte carbone de ses vacances ne veut pas dire se priver. C’est surtout une question de choix faits en amont : le mode de transport, la destination, le type d’hébergement. Chaque décision compte, et additionnées, elles peuvent réduire sensiblement l’impact d’un séjour.

Sources : 

1: https://impactco2.fr/outils/transport/avion-moyencourrierhttps://impactco2.fr/outils/transport 

 2:https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/mieux-consommer/vacances-loisirs/choisir-hebergement-durable