Bon, moyen, dégradé, mauvais, très mauvais ou extrêmement mauvais : l’indice ATMO permet de suivre chaque jour la qualité de l’air près de chez soi. Calculé par les associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA), il donne aussi une prévision pour le lendemain et aide à adapter ses activités en cas de pollution. Mais que mesurent réellement ces différents niveaux et à partir de quand faut-il changer ses habitudes ? Parlons Planète fait le point.
Ce que mesure réellement l’indice ATMO
L’indice ATMO est l’indicateur officiel utilisé en France pour informer la population sur la qualité de l’air au quotidien. Il permet de savoir simplement si l’air est bon ou dégradé près de chez soi et d’adapter, si nécessaire, ses activités.
Il prend en compte cinq polluants :
- les particules fines PM10 et PM2,5 ;
- le dioxyde d’azote (NO₂) ;
- l’ozone (O₃) ;
- le dioxyde de soufre (SO₂).
Pour chacun, un niveau est calculé à partir des concentrations mesurées ou modélisées. L’indice final correspond ensuite au niveau le plus défavorable. Il va de “bon” à “extrêmement mauvais”.
Cet indice donne une idée générale de la qualité de l’air, mais il ne dit pas tout. Il ne prend notamment pas en compte certains polluants comme les particules ultrafines, les pesticides ou les pollens, ni les effets de plusieurs polluants combinés. Il correspond aussi à la qualité de l’air “de fond”. Près d’une route très fréquentée, par exemple, l’air peut donc être plus pollué que ne l’indique l’indice affiché pour le territoire.
Les six niveaux de l’indice Atmo en France
Les six niveaux de l’indice ATMO permettent de situer rapidement la qualité de l’air et d’adapter ses activités en fonction du niveau de pollution.
🔵Bon : Aucune restriction. C’est le moment de profiter normalement de ses activités habituelles, y compris en extérieur.
🟢 Moyen : Toujours pas de contrainte particulière pour la population générale. Pour les activités de plein air, mieux vaut privilégier les parcs, les zones piétonnes et les rues peu circulées plutôt qu’un axe passant. Faire du sport en extérieur juste après une averse permet aussi de limiter l’impact de la pollution, la pluie ayant tendance à faire retomber les particules.
🟡 Dégradé : Les recommandations commencent à se préciser, surtout pour les publics sensibles, qui peuvent continuer leurs activités de plein air mais en restant attentifs à d’éventuels signes de gêne. C’est un bon niveau pour consulter aussi l’indice pollinique si l’on est sujet aux allergies, les deux pouvant se cumuler.
🟠 Mauvais : À partir de ce seuil, les personnes sensibles doivent éviter d’aggraver les effets de la pollution en ajoutant d’autres facteurs irritants : tabac, solvants, fumée de cheminée, ou exposition aux pollens. En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, il est conseillé de prendre l’avis d’un professionnel de santé. Le port d’un masque anti-pollution en ville, contrairement à une idée reçue, ne réduit pas réellement l’impact de la pollution sur la santé.
🔴 Très mauvais : Les activités physiques intenses en extérieur, comme les compétitions ou les courses à pied, doivent être limitées, en particulier pour les publics fragiles. Les activités sportives modérées restent en revanche possibles pour la population générale.
🟣Extrêmement mauvais : Ce niveau appelle à la plus grande prudence pour tous les publics sensibles et à limiter au maximum les efforts prolongés en extérieur.
Se déplacer et aérer, quel que soit le niveau
Certains bons réflexes restent utiles au quotidien, quel que soit le niveau de qualité de l’air. Pour les déplacements, mieux vaut privilégier la marche, le vélo ou la trottinette sur des itinéraires éloignés de la circulation. Le covoiturage et les transports en commun permettent également de limiter l’exposition aux émissions liées au trafic routier. À vélo, il est aussi préférable de se placer devant les voitures aux feux rouges plutôt qu’à leur hauteur.
À la maison, la règle reste la même : aérer son logement 10 à 15 minutes, deux fois par jour, permet de renouveler l’air intérieur, y compris en période de pollution extérieure.
Enfin, attention à ne pas confondre indice ATMO et épisode de pollution. Un indice “mauvais” ne signifie pas forcément qu’un épisode de pollution a été déclenché par la préfecture. Il s’agit de deux dispositifs différents, qui ne reposent pas sur les mêmes seuils ni sur exactement les mêmes critères.
Source : https://www.atmo-auvergnerhonealpes.fr/article/les-bons-gestes