Publié le 22 avril 2026 par Elodie Santos
Polluants éternels

Les PFAS, aussi appelés « polluants éternels », s’invitent aujourd’hui dans toutes les sphères du quotidien. Longtemps associés aux sites industriels, ces composés chimiques persistants sont désormais présents jusque dans nos cuisines. Eau potable, ustensiles, emballages… difficile d’y échapper. Alors, où se cache réellement la pollution aux PFAS ? Et surtout, comment limiter son exposition ? On fait le point.

PFAS ou polluants éternels : de quoi parle-t-on vraiment ?

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées) regroupent plusieurs milliers de composés chimiques synthétiques développés par l’industrie.

Leur particularité : une résistance exceptionnelle à l’eau, à la chaleur et au temps. Ces substances se dégradent extrêmement lentement, voire pas du tout, ce qui explique leur surnom de « polluants éternels ».

Résultat : ils s’accumulent dans l’environnement… mais aussi dans le corps humain. Classés parmi les polluants organiques persistants, les PFAS sont aujourd’hui au cœur des préoccupations sanitaires.

Une contamination désormais avérée en France comme en Europe

En France, les études confirment une présence généralisée des PFAS. On les retrouve notamment :

  • dans l’eau potable,
  • dans les sols agricoles,
  • autour de certains sites industriels,
  • dans la chaîne alimentaire.

Une enquête menée par Le Monde avec 17 médias européens dans le cadre du « Forever Pollution Project » a mis en évidence l’ampleur du phénomène : plus de 17 000 sites contaminés ont été recensés en Europe, dont plus de 2 100 jugés préoccupants pour la santé publique.

À ce jour, il n’existe toutefois pas de cartographie officielle complète accessible au public.

💡 Bon à savoir :
Un plan d’action national a été lancé en 2024 pour mieux comprendre ces polluants, renforcer leur surveillance, limiter l’exposition et améliorer l’information du public.

Dans votre cuisine : ces sources insoupçonnées de PFAS

La cuisine est l’un des principaux lieux d’exposition aux PFAS. Plusieurs sources, souvent invisibles, peuvent y contribuer.

L’eau potable : première source d’exposition

L’eau du robinet peut contenir des traces de PFAS, notamment à proximité de zones industrielles. Même si elle est contrôlée, toutes les substances ne sont pas encore systématiquement analysées.

Les ustensiles de cuisine

Poêles antiadhésives, casseroles avec revêtement ou moules de cuisson contiennent parfois des PFAS pour améliorer leur résistance et empêcher les aliments d’accrocher.

Avec le temps ou en cas de rayures, ces revêtements peuvent libérer des particules.

Les emballages alimentaires

Les papiers anti-graisse, boîtes de fast-food ou emballages de plats préparés contiennent souvent des PFAS. Ces substances peuvent migrer vers les aliments, surtout lorsqu’ils sont chauds.

Un réflexe simple : transvaser les aliments dans un récipient avant de les réchauffer.

Les aliments eux-mêmes

Les PFAS sont présents dans l’environnement, ce qui signifie qu’ils peuvent contaminer les aliments, y compris ceux issus de l’agriculture.

Les surfaces et textiles

Nappes anti-taches, textiles imperméabilisés ou revêtements résistants peuvent également contenir des PFAS et contribuer à leur dispersion dans l’environnement domestique.

Quels sont les effets des PFAS sur la santé ?

Les effets des PFAS font l’objet de nombreuses études, notamment par le Centre international de recherche sur le cancer.

Parmi les risques identifiés ou suspectés :

  • troubles hormonaux,
  • maladies du foie et des reins,
  • augmentation du cholestérol,
  • effets sur la fertilité,
  • certains cancers.

Ces substances s’accumulent progressivement dans l’organisme, ce qui rend l’exposition chronique particulièrement préoccupante.

Peut-on vraiment éviter les polluants éternels ?

Éliminer totalement les PFAS est aujourd’hui impossible. Leur présence est trop diffuse dans l’environnement.

En revanche, il est possible de réduire significativement son exposition grâce à quelques gestes simples, notamment en cuisine.

Des gestes à adopter au quotidien

👉 Privilégier des ustensiles sans revêtement chimique

Remplacez les revêtements antiadhésifs par des matériaux plus sûrs :

  • inox,
  • fonte,
  • acier.

Plus durables, ils ne contiennent pas de substances controversées.

👉 Éviter les emballages alimentaires chauffés

Limitez les plats à emporter et les emballages en contact avec des aliments chauds, notamment les papiers anti-graisse et barquettes.

👉 Varier son alimentation

Diversifier les aliments permet de limiter l’exposition répétée à une même source de pollution.

👉 Vérifier la composition des produits

Soyez attentif aux produits du quotidien :

  • ustensiles antiadhésifs,
  • textiles imperméables,
  • produits ménagers.

👉 Limiter les produits ultra-transformés

Ces aliments cumulent souvent plusieurs sources de contamination (emballages, procédés industriels), augmentant l’exposition globale.

Réduire leur consommation permet à la fois de limiter les PFAS… et d’améliorer son alimentation.

Source : https://www.quechoisir.org/enquete-pfas-des-polluants-eternels-omnipresents-n117666/