Publié le 13 juillet 2026 par Elodie Santos
Retraite de Bear : l’Australie lance un appel pour trouver un nouveau chien de conservation

Il y a des animaux qui deviennent des légendes. Bear, un border collie au pelage brun, en fait partie. Pendant dix ans, ce chien-héros a parcouru les forêts australiennes avec pour mission de retrouver des koalas en détresse. Aujourd’hui retraité à onze ans, Bear laisse derrière lui un vide que ses anciens partenaires s’emploient désormais à combler.

Un chien devenu icône mondiale

Bear a acquis sa notoriété lors des terribles incendies de l’été noir australien, en 2019-2020. Alors que des millions d’hectares partaient en fumée et que la faune sauvage payait un tribut catastrophique, ce chien entraîné à détecter l’odeur de la fourrure de koalas vivants a permis de localiser plus de cent individus sur des terres calcinées, dont beaucoup avaient besoin de soins vétérinaires urgents. 

Ses fameuses bottines rouges ignifugées, protégeant ses pattes des braises, sont devenues le symbole de son dévouement. Des personnalités comme Tom Hanks et Leonardo DiCaprio n’ont pas hésité à saluer ses exploits.

Bear a été l’un des tout premiers chiens australiens formés à cette discipline très spécialisée. Sa retraite, plus tôt cette année, marque la fin d’une époque. Mais pas celle du programme.

La quête du successeur

L’organisation IFAW (International Fund for Animal Welfare) et Innovation for Conservation se sont associées pour trouver un nouveau chien capable de poursuivre ce travail essentiel. 

Une mission d’autant plus urgente que les koalas, classés espèce vulnérable en Australie, font face à de nombreuses menaces : destruction de leur habitat, maladies, collisions routières et risques liés aux incendies de forêt qui se multiplient avec le changement climatique.

“Bear a établi la référence absolue pour les chiens détecteurs de koalas. Il laisse derrière lui un immense héritage, mais il est temps de trouver un successeur”, explique Josey Sharrad, responsable des programmes Océanie chez IFAW.

Le futur chien sera formé par Frédéric Chappée, directeur technique des unités cynotechniques d’IFAW. Cet expert français, fort de plus de vingt ans d’expérience auprès des chiens, a débuté sa carrière dans l’armée avant de se consacrer à la formation d’unités canines anti-braconnage à travers le monde. Il a développé un programme alliant sessions sur place en Australie et suivis à distance, plusieurs fois par an.

À la recherche d’un chien de refuge et pas un chien de race

L’équipe recherche un chien de refuge, potentiellement difficile à placer en famille en raison de son énergie débordante ou de son comportement obsessionnel. Des traits souvent mal compris qui font pourtant d’excellents chiens de travail.

Le candidat idéal doit avoir moins de deux ans, être de taille moyenne, non agressif, à l’aise avec les humains et dans des environnements nouveaux.

Il doit surtout avoir une obsession : le jeu, et en particulier la balle. C’est en effet autour de cette récompense que repose toute la méthode de détection olfactive. Quand le chien trouve l’odeur cible, il obtient son jouet. Pas d’instinct de chasse, pas d’agressivité envers les autres animaux : le koala doit rester un signal à localiser, jamais une proie.

Seul un chien sur deux à trois cents possède les qualités requises pour entrer en formation. Les candidats sélectionnés passeront plusieurs heures d’évaluation dans un lieu qu’ils ne connaissent pas.

“C’est gagnant-gagnant : offrir une nouvelle vie à un chien tout en aidant nos koalas emblématiques”, résume Russell Miller, directeur d’Innovation for Conservation.

Les propriétaires ou soigneurs de refuges en Australie qui pensent avoir la perle rare peuvent remplir un formulaire de candidature en ligne. Le prochain Bear n’attend peut-être qu’une chance.

Source : https://www.ifaw.org/fr/journal/poste-vacant-chien-detection-koalas-feux