Publié le 4 septembre 2026 par Elodie Santos
Feux de forêts : faut-il suspendre la chasse pour protéger les animaux ?

Après les incendies qui ont ravagé plusieurs milliers d’hectares cet été, la faune sauvage doit elle aussi faire face aux conséquences des flammes. Des animaux morts, des habitats détruits et un manque de nourriture, les dégâts peuvent se faire sentir bien après l’extinction du feu. Dans les secteurs les plus touchés, la question de la chasse se pose alors. Faut-il laisser davantage de temps aux animaux pour se remettre ?

Des animaux déjà fragilisés par les incendies

Après le passage des flammes dévastatrices, les animaux qui ont survécu doivent encore faire face à de nombreuses difficultés. Une partie de leur habitat a disparu, tout comme les plantes dont ils se nourrissent et les endroits où ils peuvent se cacher.

Chevreuils, sangliers, petits mammifères et oiseaux peuvent alors se déplacer vers des zones épargnées. Ils doivent y trouver de nouvelles sources de nourriture et des refuges, parfois déjà occupés par d’autres animaux. Ces déplacements peuvent aussi les rapprocher des routes, des habitations ou des cultures.

Cette situation relance la question de la chasse dans les territoires touchés. Le 17 août 2026, l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) a ainsi écrit aux préfets de 44 départements pour demander la suspension de la chasse dans les secteurs touchés par les incendies, mais aussi par les épisodes de canicule et de sécheresse.

Pourquoi les associations demandent une suspension de la chasse

L’idée d’une suspension temporaire est de laisser davantage de temps à la faune pour faire face aux conséquences des incendies. Après un feu important, les animaux doivent retrouver de la nourriture, des abris et des espaces où se déplacer alors que leur environnement a été fortement modifié.

L’ASPAS demande notamment aux préfets de suspendre la chasse d’été dans les territoires concernés et de prévoir des zones tampons autour des secteurs les plus touchés. L’association souhaite également que l’ouverture générale de la chasse puisse être reportée lorsque les conditions climatiques restent difficiles.

Cette demande s’appuie sur l’article R. 424-3 du Code de l’environnement. Celui-ci permet aux préfets de suspendre temporairement la chasse, pour tout ou partie d’un département, en cas notamment de calamité ou d’incendie susceptible de favoriser la destruction du gibier. La suspension peut être décidée par périodes de dix jours renouvelables.

👉 À lire aussi : 

Incendies en Europe : comprendre les causes et les conséquences de ce fléau

Adapter les règles de la chasse à un climat qui change

Cette question risque de revenir régulièrement. Avec des sécheresses plus fréquentes et des périodes à risque d’incendie qui s’allongent, les feux de forêt deviennent un problème récurrent pour les écosystèmes.

Après un incendie, la priorité est d’abord de permettre au milieu naturel de se reconstruire. Cela pourrait passer, selon les territoires, par des périodes de tranquillité plus longues pour la faune. La chasse pourrait alors être adaptée en fonction de l’état des habitats et des populations animales, plutôt que selon un calendrier identique chaque année.