Publié le 24 mars 2026 par Elodie Santos
Pays de la Loire gaz renouvelable

En Pays de la Loire, GRDF, gestionnaire du réseau de distribution, affiche une ambition claire : atteindre 100 % de gaz renouvelable d’ici 2050. Et dès 2030, la région vise 25 % de gaz vert dans sa consommation, un objectif plus ambitieux que la moyenne nationale.

25 % de gaz vert dès 2030 : un objectif plus ambitieux que la moyenne française

Au niveau national, la cible est fixée à 20 % de gaz renouvelable dans la consommation d’ici 2030. En Pays de la Loire, GRDF vise 25 %. Un cran au-dessus.

Pourquoi cette ambition? Parce que la région part avec un atout majeur : un fort potentiel agricole, notamment dans les territoires d’élevage. Là où il y a des effluents agricoles (fumier, lisier), des résidus de cultures ou des déchets organiques, il y a matière à produire du biométhane.

Aujourd’hui déjà, la région affiche une part de gaz vert supérieure à la moyenne nationale. Là où la France tourne autour de 3 % de production par rapport à la consommation, les Pays de la Loire atteignent environ 7 %.

Le biométhane, pilier de la transition

Quand on parle de “gaz vert”, on parle principalement de biométhane injecté dans le réseau.

Le principe est simple :

  1. Des matières organiques (déchets agricoles, alimentaires ou industriels) sont transformées par méthanisation.
  2. Le biogaz produit est ensuite épuré pour retirer les impuretés.
  3. Il devient du biométhane, prêt à être injecté dans le réseau existant.

L’avantage ? Il n’est pas nécessaire de reconstruire toute l’infrastructure. Le gaz vert circule dans les mêmes canalisations que le gaz naturel classique, et pour les consommateurs, rien ne change dans l’utilisation quotidienne.

En 2023, près de 1 TWh de biométhane était injecté en Pays de la Loire. L’objectif est d’atteindre 4 à 4,4 TWh en 2030.

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Une filière qui s’ancre dans les territoires

La région compte déjà plusieurs dizaines de sites de méthanisation en injection, et le rythme s’accélère. Une quinzaine de nouvelles unités sont attendues prochainement, tandis que de nombreux projets sont en développement.

La Mayenne et la Vendée figurent parmi les départements les plus avancés, avec une part significative de gaz vert dans leur consommation. À l’inverse, la Loire-Atlantique, plus urbaine et plus consommatrice, affiche un ratio plus faible, malgré des projets en cours.

Ces écarts montrent une chose : la transition énergétique se joue à l’échelle locale, en fonction des ressources disponibles, du foncier et de la consommation.

Le réseau, maillon stratégique de la transition

Produire du biométhane, c’est une chose. L’injecter et le distribuer, c’en est une autre.

GRDF exploite environ 14 000 km de réseau en Pays de la Loire et prolonge chaque année ses infrastructures pour raccorder les nouveaux sites de production. Chaque unité nécessite :

  • un poste d’injection,
  • des études techniques,
  • des travaux de raccordement,
  • une capacité d’absorption du réseau.

La montée en puissance du gaz vert repose donc sur un équilibre délicat entre production agricole et capacité industrielle.

Une filière créatrice d’emplois

En Pays de la Loire, la filière représenterait déjà environ 500 emplois directs. À horizon 2030, les projections évoquent jusqu’à 6 000 emplois directs et indirects.

Ces postes concernent :

  • la construction et la maintenance des installations,
  • les travaux de réseau,
  • l’exploitation des unités,
  • l’ingénierie et la formation.

GRDF a d’ailleurs lancé des parcours de formation dédiés à la biométhanisation pour structurer les compétences. Car sans techniciens qualifiés, pas d’industrialisation possible.

2050 : un objectif crédible ?

Atteindre 100 % de gaz vert en 2050 peut paraître ambitieux, presque audacieux. Pourtant, en Pays de la Loire, la filière est déjà bien installée, les projets se multiplient et le potentiel agricole offre un socle solide pour continuer à produire localement. Le réseau existe, il évolue, s’adapte, et les compétences commencent à se structurer autour de formations dédiées et de nouveaux métiers. En parallèle, la consommation globale de gaz diminue, ce qui rend l’équation un peu plus accessible qu’il y a encore quelques années.