Auvergne-Rhône-Alpes boycotte les produits du Mercosur dans ses cantines
La région Auvergne-Rhône-Alpes annonce le boycott immédiat des produits issus des pays du Mercosur dans les cantines et les services de restauration qu’elle gère ou finance. Une position assumée, qui vise avant tout à protéger l’agriculture locale et la qualité de l’alimentation. Cette annonce intervient quelques jours après la signature d’un accord de libre-échange entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique latine. Un accord très critiqué par de nombreux acteurs du monde agricole. On vous explique.
Le Mercosur, c’est quoi exactement ?
Le Mercosur est un bloc économique sud-américain. Il regroupe principalement le Brésil, l’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay. L’accord signé avec l’Union européenne vise à faciliter les échanges commerciaux entre ces pays et les États membres de l’UE.
Concrètement, cela signifie plus d’importations de viande, de produits agricoles et alimentaires venus d’Amérique latine, avec des droits de douane réduits. Pour les défenseurs du traité, c’est une opportunité économique. Pour ses opposants, c’est un danger pour les agriculteurs européens.
Une décision politique assumée par la Région
La région Auvergne-Rhône-Alpes s’oppose fermement à cet accord. Elle le juge déséquilibré et injuste. Selon elle, il met en concurrence directe des agriculteurs français avec des producteurs soumis à des normes bien moins strictes.
Plutôt que de rester spectatrice, la Région a choisi d’agir. Elle annonce qu’aucun produit issu du Mercosur ne sera acheté pour ses propres besoins, ni via sa centrale d’achats. Cela concerne environ 1 000 structures : cantines scolaires, restaurants de lycées, EHPAD, établissements publics, etc.
Le montant total des achats concernés représente près de 50 millions d’euros par an.
Pas de viande du Mercosur dans les cantines
La mesure est claire. Il n’y aura pas de viande, ni de produits alimentaires issus du Mercosur dans les cantines de la région. Cela vaut pour la restauration scolaire comme pour les autres services de restauration collective.
La Région insiste notamment sur un point : les produits importés depuis ces pays ne respectent pas les mêmes règles que celles imposées aux agriculteurs français. Normes sanitaires, traçabilité, usage de certains pesticides ou hormones, bien-être animal… Les écarts sont nombreux.
Pour la collectivité, il n’est pas question de servir dans les assiettes des habitants des produits qui ne répondent pas aux standards français et européens.
Une action qui vise à protéger les agriculteurs locaux
Cette initiative vise avant tout à appuyer les agriculteurs de la région. L’Auvergne-Rhône-Alpes figure parmi les premières régions agricoles de France, avec une production riche et diversifiée : élevage, viande, lait, fruits, légumes, fromages…
Depuis plusieurs années, la région multiplie les actions en faveur du monde agricole. La Dotation Jeunes Agriculteurs y est la plus importante de France. Un signal fort pour assurer le renouvellement des générations et maintenir une agriculture vivante sur le territoire.
Une politique alimentaire déjà engagée
Dans les lycées de la région, la démarche “La Région dans mon assiette” est déjà bien installée. Aujourd’hui, environ 80 % des produits servis sont d’origine régionale.
L’objectif est double. D’un côté, garantir une alimentation de qualité aux élèves. De l’autre, offrir des débouchés stables aux producteurs locaux.
En privilégiant les circuits courts et les produits de proximité, la Région réduit aussi l’impact environnemental lié au transport des marchandises.
Une utilisation massive des fonds européens agricoles
La Région Auvergne-Rhône-Alpes est également la première en matière d’utilisation des fonds européens agricoles. Sur la période 2014-2022, elle a consommé près de 98 % des crédits du Fonds européen agricole pour le développement rural.
Cela représente près d’un milliard d’euros investis dans l’agriculture et la ruralité. Modernisation des exploitations, soutien aux territoires ruraux, accompagnement des projets locaux… Ces fonds ont permis de renforcer durablement le tissu agricole régional.
Dans ce contexte, accepter des produits importés à bas coût, produits dans des conditions différentes, serait en totale contradiction avec cette politique.