Le 13 novembre 2025, la Colombie est devenu le premier État amazonien à interdire toute nouvelle activité de grande mine et d’hydrocarbures sur l’intégralité de sa portion amazonienne, soit 483 000 km² de forêts, de rivières et de territoires autochtones. Retour sur cette décision inédite, à la fois politique, écologique et symbolique.
Un engagement total sur un territoire vital pour la planète
La zone protégée représente 42 % du territoire national et environ 7 % de l’ensemble de l’Amazonie sud-américaine. C’est un espace immense, qui abrite une biodiversité exceptionnelle : près de 10 % des espèces végétales connues y sont recensées, et ses rivières alimentent les páramos andins, essentiels à l’approvisionnement en eau de millions de Colombiens.
En déclarant cette région « zone de réserve de ressources naturelles », le gouvernement colombien met un coup d’arrêt à 43 blocs pétroliers et 286 projets miniers qui auraient pu être ouverts dans les prochaines années.
Pour la ministre de l’Environnement, Irene Vélez Torres, cette décision est avant tout un choix éthique :
« La forêt est unique, les fleuves n’ont pas de frontières, pas plus que la vie. Protéger l’Amazonie n’est pas un sacrifice économique, c’est un investissement dans l’avenir de la région et de l’humanité », a-t-elle déclaré lors de la réunion de l’Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA).
Un geste fort dans une région proche d’un point de bascule
L’Amazonie est aujourd’hui considérée par de nombreux scientifiques comme proche d’un seuil critique : au-delà d’un certain niveau de déforestation, la forêt pourrait perdre sa capacité à se régénérer et basculer vers une savane dégradée.
Dans ce contexte, la décision colombienne vise à :
- stopper la perte et la fragmentation des forêts, aggravées par l’ouverture de routes et l’exploitation illégale ;
- préserver les ressources en eau, menacées par l’extraction minière ;
- maintenir le rôle climatique de l’Amazonie, qui régule les pluies et stocke d’immenses quantités de carbone.
Les départements d’Amazonas, Caquetá, Guaviare, Guainía, Putumayo et Vaupés, particulièrement touchés par les pressions extractives, sont directement concernés.
Une décision qui met la pression sur les autres pays amazoniens
En parallèle de cette annonce, la Colombie a appelé les neuf pays membres de l’OTCA à former une « Alliance amazonienne pour la vie », destinée à coordonner les politiques de protection de la biodiversité, de lutte contre les crimes environnementaux et de gestion de l’eau.
Cet appel intervient alors que certains voisins, comme le Brésil, ont récemment autorisé de nouveaux projets d’exploration pétrolière dans la région de la Foz do Amazonas. La décision colombienne crée donc un contraste fort et pourrait devenir un point de comparaison dans les débats régionaux.
📌 À lire aussi :
Alliance écologique : les pays de l’Amazonie s’engagent contre la déforestation
Source: