En janvier 2026, le Parlement écossais a adopté une disposition donnant au gouvernement le pouvoir d’exiger l’intégration de briques de nidification dans certains bâtiments neufs. Une mesure qui vise notamment les martinets, mais aussi les moineaux, les étourneaux et les hirondelles de fenêtre, dont les lieux de reproduction se font de plus en plus rares.
Une brique avec un nid à l'intérieur
Les “swift bricks” sont conçues pour s’intégrer aux murs comme des briques classiques. Une petite ouverture donne accès à une cavité dans laquelle les oiseaux peuvent installer leur nid.
Ce système vient surtout compenser un effet secondaire des constructions modernes. En améliorant l’isolation et l’étanchéité des logements, on a aussi progressivement supprimé de nombreux petits espaces utilisés par les oiseaux.
Martinets, moineaux et étourneaux sont les premiers concernés. Ces trois espèces ont pour point commun de nicher dans les recoins des vieux bâtiments : sous les tuiles, dans une fissure de mur, derrière une corniche mal étanchéifiée. Le problème, c'est que les constructions modernes, plus isolées et plus étanches qu'avant, ont fait disparaître la plupart de ces cachettes. Les oiseaux reviennent chaque printemps sur leurs sites de nidification habituels et ne trouvent plus leur petit espace.
Le martinet, grand perdant du bâti moderne
En trente ans, la population de martinets a chuté d’environ 66 % au Royaume-Uni, selon la British Trust for Ornithology. Un déclin brutal pour un oiseau qui passe pourtant la quasi-totalité de sa vie en vol. Chaque année, il fait l'aller-retour entre l'Afrique subsaharienne et l'Europe pour venir se reproduire, avant de repartir dès la fin de l'été.
C'est justement là que le bât blesse : le martinet est fidèle à son site de nidification. S'il ne retrouve pas de cavité disponible à son arrivée, il peut tout simplement passer une saison sans se reproduire. Répété chaque année sur des milliers de couples, ce phénomène pèse lourd dans les chiffres du déclin.
👉 Sur le même sujet :
Hirondelles : pourquoi elles sont essentielles et pourquoi il est interdit de détruire leurs nids
Une victoire pour la RSPB
La RSPB, principale association de protection des oiseaux du Royaume-Uni, réclamait cette mesure depuis des années. Elle met notamment en avant leur simplicité : les briquens sont posées pendant le chantier et ne demandent ensuite pratiquement aucun entretien.
Plusieurs villes anglaises et quelques promoteurs avaient déjà testé le dispositif sur la base du volontariat, mais l'Écosse est la première nation du Royaume-Uni à l'inscrire dans la loi à l'échelle nationale.
Le texte reste toutefois assorti d'une réserve. Les briques doivent être installées “lorsque cela est raisonnablement réalisable et approprié”. Une formulation qui laisse une marge de manœuvre aux promoteurs selon les contraintes de chaque projet, et qui pourrait limiter la portée réelle de la mesure sur le terrain. Les associations surveilleront de près son application dans les mois qui viennent.
Et en France ?
L’idée commence aussi à intéresser certaines associations françaises. En Bretagne, où le martinet noir est lui aussi confronté à la disparition de ses sites de nidification, l’association NHU s’est notamment penchée sur l’exemple écossais.
Pour l’instant, aucune obligation similaire n’existe en France à l’échelle nationale. Certaines collectivités choisissent toutefois d’installer des nichoirs ou des dispositifs comparables dans leurs bâtiments publics.
Source :
https://www.bbc.co.uk/newsround/articles/cly9r7d74l5o
https://www.rspb.org.uk/scotland/news/how-swift-bricks-can-help-save-swifts-in-scotland
https://www.nhu.bzh/nichoirs-obligatoires-en-ecosse-un-exemple-pour-la-bretagne/