En quelques années, la Norvège s’est imposée comme l’un des pays les plus engagés dans la lutte contre la déforestation. Elle est même devenue le premier État au monde à interdire officiellement la déforestation dans ses achats publics. Une décision historique qui bouscule les chaînes d’approvisionnement et redéfinit le rôle des gouvernements dans la protection des forêts.
Un engagement inédit : des marchés publics 100 % “zéro déforestation”
Depuis 2016, la politique d’achats publics norvégienne exclut tout produit lié à la destruction des forêts. Concrètement, les entreprises impliquées dans la déforestation ou l’exploitation illégale ne peuvent plus accéder aux contrats publics.
Cette mesure cible en priorité quatre filières particulièrement responsables de la déforestation mondiale :
- le bœuf,
- l’huile de palme,
- le soja,
- le bois et ses dérivés.
Principalement issus d’Amérique du Sud et d’Asie du Sud-Est, ces produits ont contribué à près de 40 % de la déforestation tropicale entre 2000 et 2011, ainsi qu’à 44 % des émissions de CO₂ associées.
Pourquoi cet engagement est crucial pour la planète
Les forêts couvrent environ 31 % des terres émergées et jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat. Elles absorbent le CO₂, produisent de l’oxygène et abritent près de 80 % de la biodiversité terrestre.
Pourtant, la déforestation continue à un rythme alarmant : l’équivalent de 48 terrains de football disparaît chaque minute.
Les conséquences sont majeures :
- accélération du changement climatique,
- perturbation des cycles de l’eau,
- érosion des sols,
- disparition d’espèces animales et végétales,
- fragilisation des populations locales.
En agissant sur ses achats publics, la Norvège contribue directement à freiner un phénomène qui menace, à terme, l’existence même des forêts tropicales.
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L’engagement de la Norvège dépasse largement ses frontières. Depuis plus de quinze ans, le pays investit massivement dans la protection des forêts tropicales à travers le monde.
Parmi les initiatives majeures :
- 1 milliard de dollars versé au Brésil pour préserver l’Amazonie,
- 250 millions de dollars en Guyana,
- 150 millions de dollars au Liberia,
- plusieurs programmes d’envergure en Indonésie.
Ces financements ont produit des résultats concrets. Au Brésil, par exemple, la déforestation a été réduite de plus de 75 % entre 2005 et 2015 grâce à ces soutiens.
Cela représente environ 33 000 miles² de forêt préservée et 3,2 milliards de tonnes de CO₂ évitées.
Cette coopération internationale a été saluée au plus haut niveau. Ban Ki-moon, ancien secrétaire général de l’ONU, la qualifiait d’« exemple remarquable de collaboration internationale au service de la durabilité ».
Le plus grand fonds souverain du monde mobilisé pour la biodiversité
Autre levier d’action : le Government Pension Fund Global, le fonds souverain norvégien, considéré comme le plus important au monde.
Le Parlement norvégien a demandé que la protection de la biodiversité soit désormais intégrée aux décisions d’investissement de ce fonds.
Avec plus de mille milliards de dollars d’actifs, il exerce une influence considérable sur les marchés financiers et peut inciter les entreprises à adopter des pratiques plus responsables.
Source : https://www.nathab.com/blog/norway-is-the-worlds-first-nation-to-ban-deforestation