Publié le 9 avril 2026 par Elodie Santos
Escargot des Bermudes : le sauvetage in extremis d'une espèce terrestre

Il mesure à peine deux centimètres, se déplace lentement, et pourtant, il vient de faire un grand pas pour la biodiversité mondiale. L’escargot terrestre Poecilozonites bermudensis, longtemps considéré comme éteint, est désormais officiellement sauvé de l'extinction. Une annonce saluée par les experts en conservation, après plus d’une décennie d’efforts menés entre les Bermudes et le Royaume-Uni.

Une espèce redécouverte dans la capitale des Bermudes

L’espèce, dont le nom scientifique est Poecilozonites bermudensis, était considérée comme disparue. Aujourd’hui encore, les spécialistes rappellent que ces petits gastéropodes restent fortement menacés par l’usage de pesticides, la destruction de leur habitat et la pression humaine. Leur population avait atteint un seuil critique.

C’est en 2014 que plusieurs escargots sont repérés dans une ruelle d’Hamilton, la capitale des Bermudes. Cette découverte relance aussitôt les efforts de conservation. Des spécimens sont alors envoyés au zoo de Chester, où des experts ont consacré plusieurs années à renforcer leur population.

Un programme de reproduction long, difficile et très encadré

Au zoo de Chester, les escargots sont installés dans des capsules spécialement conçues pour leur offrir des conditions optimales. Les équipes ont passé des années à surveiller chaque ponte, ajuster les paramètres environnementaux et assurer une alimentation adaptée.

Katie Kelton, soigneuse animalière, raconte qu’il fallait s’occuper quotidiennement d’un très grand nombre d’individus, en préparant d’importantes quantités de laitue, de patates douces et de carottes. À certains moments, le zoo a même hébergé plusieurs milliers de ces gastéropodes.

Ce travail de conservation, difficile à mener, permet de stabiliser la population. Les gastéropodes, mesurant en moyenne 2 cm, se reproduisent suffisamment pour envisager une réintroduction. “C’est incroyable de pouvoir dire que l’espèce a officiellement été sauvée”,  a déclaré le zoo de Chester dans un communiqué. “Nous pouvons officiellement dire que l’espèce, autrefois au bord du gouffre, a fait son retour”, a-t-il ajouté.

Des milliers d’escargots ensuite réintroduits aux Bermudes

En 2019, des milliers d’escargots ont été relâchés dans leur archipel d’origine. Les individus réintroduits ont été installés dans des zones soigneusement protégées, choisies pour réduire au maximum les risques liés aux prédateurs ou aux pesticides. Ils évoluent désormais librement dans leur habitat naturel, retrouvant peu à peu leur place dans l’écosystème.

Une étude publiée dans la revue spécialisée Oryx confirme le succès de l’opération : six colonies se sont durablement établies, chacune occupant une zone où l’espèce semble désormais solidement implantée. Les chercheurs soulignent que les escargots se déplacent aujourd’hui sans contrainte, un signe clair que le programme de conservation a dépassé les attentes initiales.

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Un symbole pour la conservation et la biodiversité

L’espèce remonte à plus d’un million d’années, vestige d’un ancien écosystème propre à l’archipel. Sa disparition aurait marqué la perte d’un élément unique du territoire britannique d’outre-mer. Aujourd’hui, grâce à des années de travail de conservation, l’espèce est officiellement sauvée.

Le succès du projet confirme qu’une espèce en danger peut être restaurée lorsque des moyens scientifiques, humains et institutionnels sont mobilisés.

Un bilan positif, malgré des risques encore présents

Comme évoqué précédemment, si l’espèce a officiellement été sauvée, les menaces demeurent : usage de pesticides, urbanisation et changement climatique. Les experts rappellent que la conservation reste un travail de long cours, où des efforts continus sont nécessaires pour maintenir les populations.

Aujourd’hui, l’escargot terrestre des Bermudes se déplace désormais librement dans son archipel d’origine. Une belle victoire, obtenue grâce à un projet mené pendant des années, et un signal encourageant pour la biodiversité mondiale.