Le 12 avril prochain, l’une des plus grandes courses sur route au monde opérera un virage écologique majeur. Pour la première fois, aucun contenant jetable ne sera distribué sur les ravitaillements. Une décision assumée, et surtout nécessaire dans un contexte où les grands événements sportifs sont de plus en plus attendus sur leur exemplarité environnementale. Avec plus de 50 000 finishers chaque année, le Marathon de Paris devient ainsi le premier événement de cette ampleur à imposer un système d’hydratation 100 % réutilisable.
Un marathon sans gobelets : une première mondiale
Depuis plusieurs années, l’organisateur d'événements sportifs français A.S.O multiplie les initiatives pour réduire l’impact environnemental de l’événement. Après la disparition des bouteilles en plastique en 2024, remplacées par des gobelets en carton, l’édition 2026 franchit un cap : les coureurs devront désormais s’hydrater avec leur propre contenant.
Flasque souple, gobelet pliable, sac d’hydratation… chacun devra trouver la solution qui lui convient. Une pratique courante dans le trail, mais encore rare sur route, où les ravitaillements sont traditionnellement rapides, standardisés et très consommateurs de matériel jetable.
La mesure cherche à mettre un terme à ces scènes familières où des milliers de gobelets s’accumulent au sol, balayés par les foulées.
Hydratation express : un nouveau défi logistique
Mais comment garantir un ravitaillement fluide sans gobelets ? ASO assure avoir anticipé les inquiétudes des coureurs. Le dispositif a été entièrement repensé :
- Des bénévoles dédiés au remplissage rapide des contenants personnels.
- Des fontaines à fort débit, capables de remplir une flasque en moins de deux secondes.
- Un ravitaillement plus fréquent, tous les 2 à 2,5 km à partir du semi-marathon.
L’ensemble sera testé grandeur nature lors du Marathon de Lyon, quelques mois avant Paris. Une répétition générale indispensable pour éviter les files d’attente et préserver le rythme des coureurs.
Un engagement qui dépasse la course
Le Marathon de Paris revendique depuis plusieurs années une politique RSE ambitieuse, et les chiffres parlent d’eux-mêmes.
En 2025, l’événement a permis de collecter :
- 3,4 tonnes de textiles déposés au départ, dont 60 % redistribués à des associations.
- 10 tonnes de déchets recyclés.
- 4,1 tonnes de biodéchets transformés en compost.
- 3 780 kg de fruits remis aux Restos du Cœur et au Chaînon Manquant.
- 443 paires de chaussures données à Africa Run.
Depuis 2019, le marathon soutient également des projets de réduction d’émissions de CO₂ au Kenya, via les Fonds Carbone Livelihoods.
Un t-shirt en moins, un arbre en plus
Autre nouveauté : les participants peuvent désormais renoncer au t-shirt finisher pour financer la plantation d’un arbre dans une forêt française durablement gérée.
Une initiative menée avec ASICS et EcoTree, qui permet à chaque coureur de devenir parrain d’un arbre et de recevoir un certificat détaillant son suivi.
Un changement d’habitude pour les coureurs
Cette édition 2026 sera aussi un test pour les marathoniens. S’hydrater ne sera plus un geste improvisé : il faudra anticiper, s’équiper, s’entraîner avec son contenant.
Un détail pour certains, un bouleversement pour d’autres, tant la routine de course est souvent millimétrée.
Mais beaucoup y voient déjà une évolution logique. Le running, comme d’autres sports, entre dans une ère où la performance ne peut plus être dissociée de la responsabilité environnementale.
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