Chaque jour, des milliers de repas sont préparés dans les cantines scolaires de Marseille… et une partie finit à la poubelle. Pour changer cela, la ville transforme ces repas invendus en paniers solidaires, permettant à des familles en difficulté de se nourrir tout en réduisant le gaspillage alimentaire.
Quand gaspillage alimentaire et précarité se croisent
Les périodes de fêtes, avec leurs tables bien garnies, ont parfois tendance à masquer une réalité bien plus sombre : en France, la précarité alimentaire progresse. Selon une étude publiée en juillet 2025 (1) par le Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), 16 % des Français déclarent devoir se restreindre financièrement sur leur alimentation.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
- 9 % des personnes interrogées renoncent à consommer viande, poisson ou volaille au moins un jour sur deux.
- 7 % sont contraints, chaque semaine, de réduire leur nombre de repas par manque de moyens financiers.
- et 12 % affirment ne pas avoir toujours suffisamment à manger.
Une situation préoccupante, qui touche de plus en plus de familles, y compris dans les grandes villes comme Marseille.
Marseille passe à l’action contre le gaspillage
Face à ce constat, la mairie de Marseille a décidé d’agir. Chaque jour, près de 55 000 repas (2) sont servis dans les cantines scolaires de la ville. Une logistique massive, qui entraîne inévitablement une part de repas non consommés, encore parfaitement propres à la consommation.
Plutôt que de jeter ces denrées, la Ville a choisi de leur offrir une seconde vie. L’objectif est double : réduire le gaspillage alimentaire et soutenir les personnes en situation de précarité.
L’initiative a notamment été relayée sur les réseaux sociaux par des comptes d’actualité locale, saluant une “bonne nouvelle du jour” pour la cité phocéenne.
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Selon l’ONU, plus d’un milliard de repas sont gaspillés chaque jour
Des paniers anti-gaspi pour les personnes dans le besoin
Concrètement, les repas et denrées non consommés sont récupérés puis redistribués sous forme de paniers anti-gaspi. Ces paniers sont destinés à des bénéficiaires de l’aide alimentaire, via des associations partenaires.
Depuis octobre 2024, la Ville de Marseille collabore avec l’ANDES, le réseau national des épiceries solidaires. En juillet 2025, un partenariat avec la Régie de quartier Noailles-Belsunce est venu renforcer le dispositif.
Résultat : 1,1 tonne de denrées issues des cantines scolaires a déjà été collectée.
HopHopFood rejoint le dispositif
Pour aller encore plus loin, le conseil municipal de Marseille a récemment validé un nouveau partenariat avec l’association HopHopFood. Spécialisée dans la redistribution d’invendus alimentaires, l’association s’appuie sur une plateforme en ligne qui met en relation donateurs, associations et bénéficiaires.
Grâce à HopHopFood, la redistribution des paniers anti-gaspi pourra s’étendre à un périmètre plus large, en impliquant davantage d’acteurs locaux et en touchant plus de personnes dans le besoin.
Sources:
- Etude du Crédoc : https://www.credoc.fr/publications/les-multiples-facettes-de-la-precarite-alimentaire
- HugoDecrypte