Publié le 2 février 2026 par Elodie Santos
Scorpions blancs, coléoptères : les étonnantes découvertes en Guadeloupe

Une expédition scientifique menée en 2024 en Guadeloupe a permis à 116 chercheurs de découvrir près d’une centaine de nouvelles espèces, marines et terrestres, confirmant le statut de l’archipel comme l’un des points chauds de la biodiversité mondiale. On vous en dit plus. 👇

Une expédition scientifique d’une ampleur inédite

Baptisée Planète revisitée, cette mission de grande envergure a mobilisé 116 chercheurs locaux, nationaux et internationaux. Pendant six semaines, ils ont exploré plusieurs territoires encore peu étudiés : Terre-de-Haut, Terre-de-Bas, Marie-Galante et La Désirade (dont Petite-Terre).

L’objectif ? Observer, collecter et documenter le vivant, sur terre comme en mer, grâce à des méthodes de recherche modernes et complémentaires : pièges adaptés à différents écosystèmes, plongées scientifiques, observations de terrain et analyses en laboratoire.

Selon les responsables de l’expédition, jamais ces îles n’avaient fait l’objet d’un inventaire aussi approfondi. Résultat : la biodiversité locale s’est révélée bien plus riche qu’attendu.

Des espèces nouvelles terrestres et marines

Les premiers résultats sont déjà impressionnants. Sur environ 4 000 échantillons collectés (2 000 terrestres et 2 000 marins), les scientifiques ont identifié :

  • Près de 50 nouvelles espèces marines
  • Environ 40 nouvelles espèces d’insectes
  • Une trentaine de plantes encore inconnues

Parmi les découvertes notables, un scorpion blanc observé à La Désirade ou encore un coléoptère d’environ un centimètre, jamais décrit auparavant. Des espèces parfois minuscules, mais essentielles au bon fonctionnement des écosystèmes.

Certaines trouvailles concernent aussi des espèces déjà connues ailleurs dans le monde, mais repérées pour la première fois en Guadeloupe. C’est le cas de certains insectes venus d’Amérique latine ou d’Afrique de l’Ouest, probablement introduits par l’activité humaine, sans représenter de menace directe pour la faune et la flore locales.

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La Guadeloupe, un “point chaud” mondial de la biodiversité

Ces découvertes confirment une réalité bien connue des biologistes : la Guadeloupe fait partie des points chauds de la biodiversité mondiale. Même si le nombre total d’espèces recensées (environ 11 100) reste modeste comparé à d’autres régions, l’archipel se distingue par la présence d’espèces endémiques, c’est-à-dire uniques au territoire.

Si Marie-Galante et La Désirade bénéficient encore d’écosystèmes relativement bien préservés, la situation est plus préoccupante aux Saintes, où plusieurs espèces endémiques et sub-endémiques sont aujourd’hui considérées comme fragiles, voire menacées.

Et ce n’est que le début…

Les chercheurs sont formels : tout n’a pas encore été découvert. Des milliers d’échantillons doivent encore être analysés, et de nouvelles espèces pourraient être officiellement décrites dans les années à venir.

Un constat qui s’inscrit dans une réalité plus large : à l’échelle mondiale, près de 80 % de la biodiversité de la planète reste inconnue. En Guadeloupe, certaines zones n’ont d’ailleurs pas été étudiées en profondeur depuis les années 1970, notamment en Grande-Terre et en Basse-Terre.

Avec des outils scientifiques plus performants et une meilleure connaissance des milieux naturels, de futures expéditions pourraient bien révéler de nouvelles surprises, sur terre comme dans les fonds marins. Une précédente étude menée entre 2012 et 2015 dans le Grand-Cul-de-Sac Marin avait déjà permis de décrire 300 nouvelles espèces marines.

Sources :