La France durcit le ton sur les pesticides. Depuis janvier 2026, plusieurs fruits, légumes et céréales venus de l’étranger ne peuvent plus être importés s’ils contiennent des résidus de substances interdites dans l’Union européenne. Une décision forte, assumée politiquement, qui vise à protéger la santé des consommateurs… et à rétablir un certain équilibre pour les agriculteurs français.
Un arrêté pour suspendre les importations
Un arrêté interministériel, signé le 7 janvier 2026 avec Serge Papin, ministre chargé notamment du Commerce et du Pouvoir d’achat, instaure une clause de sauvegarde prévue par le droit alimentaire européen.
Concrètement, l’importation, l’introduction et la mise sur le marché en France de denrées contenant des résidus de substances interdites sont suspendues, qu’il s’agisse de produits vendus ou distribués gratuitement. La mesure concerne aussi bien des produits bruts que transformés.
Cinq substances dans le viseur
La suspension annoncée cible cinq substances actives, toutes interdites d’usage dans l’Union européenne :
- le glufosinate, un herbicide,
- le mancozèbe,
- le thiophanate méthyl,
- le carbendazime,
- le bénomyl, quatre fongicides aux effets sanitaires documentés.
Dès décembre 2025, Annie Genevard, ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, avait demandé à la Commission européenne d’abaisser au seuil le plus bas mesurable les limites maximales de résidus pour ces substances. En attendant une réponse de Bruxelles, la France a décidé d’agir seule.
Fruits, légumes et céréales concernés
La liste est longue et touche des produits du quotidien. Parmi les denrées visées, on retrouve notamment :
- des agrumes (oranges, citrons, pamplemousses, mandarines),
- des fruits à pépins et à noyaux (pommes, poires, pêches, cerises, prunes, abricots),
- des fruits exotiques (mangues, papayes, avocats),
- des légumes (tomates, aubergines, poivrons, laitues, pommes de terre),
- des céréales et oléagineux (blé, orge, avoine, seigle, soja),
- ainsi que certains champignons et produits plus spécifiques comme les algues.
Chaque produit est associé à une ou plusieurs substances précises, identifiées comme problématiques.
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Des contrôles renforcés sur le terrain
Les opérateurs de l’importation, de la transformation et de la commercialisation sont désormais tenus de garantir que leurs produits ne contiennent pas de résidus interdits. Des contrôles et des prélèvements seront effectués par les services de l’État pour vérifier l’application de l’arrêté.
Par ailleurs, même pour les denrées non couvertes par cette mesure d’urgence, les autorités annoncent un renforcement des contrôles afin de s’assurer du respect des limites maximales de résidus.
Une stratégie déjà éprouvée
Ce n’est pas la première fois que la France active ce type de levier. En 2024, elle avait déjà interdit l’importation de fruits et légumes traités au thiaclopride, avant que cette décision ne soit étendue à l’échelle européenne en 2025. Même scénario quelques années plus tôt avec les cerises traitées au diméthoate.
Le gouvernement espère aujourd’hui que la Commission européenne suivra le mouvement et généralisera la mesure à l’ensemble des États membres. Le sujet sera discuté lors du prochain Comité permanent des végétaux, des animaux, des denrées alimentaires et de l’alimentation animale prévu le 20 janvier 2026.
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