Quand une pale d’éolienne devient un abri à vélos

Chaque année, des milliers de pales d'éoliennes arrivent en fin de vie. Si la plupart des matériaux qui composent une éolienne peuvent être recyclés, ces immenses structures en matériaux composites restent particulièrement difficiles à valoriser. Au Danemark, un projet porté par l’entreprise Re-Wind propose de transformer d'anciennes pales en abris à vélos. Une façon de leur offrir une seconde vie tout en limitant les déchets issus de la transition énergétique.

Le talon d’Achille de l’énergie éolienne

Si l'acier, le béton ou le cuivre qui composent une éolienne sont largement recyclables, les pales restent beaucoup plus complexes à traiter. Fabriquées à partir de matériaux composites, principalement des fibres de verre ou de carbone liées par des résines thermodurcissables, elles sont conçues pour être à la fois légères, solides et résistantes aux intempéries.

Cette conception complique toutefois leur recyclage. Contrairement à certains matériaux, les composites ne peuvent pas être simplement refondus pour être réutilisés. Bien que des solutions de valorisation se développent, une partie des pales en fin de vie est encore mise en décharge ou utilisée dans des procédés de valorisation énergétique. Avec le vieillissement des premiers parcs éoliens européens, la gestion de ces déchets devient un enjeu croissant pour la filière.

Du parc éolien au parking à vélos 

C’est dans ce contexte que le gouvernement danois a ouvert en 2019 un appel à projets pour imaginer des usages concrets à ces structures encombrantes. Plutôt que de chercher à décomposer les pales pour en extraire de la matière, pourquoi ne pas les réutiliser telles quelles, en exploitant ce qu’elles font naturellement bien ?

L’entreprise Re-Wind a vu dans la courbure naturelle d’une pale la forme parfaite pour un abri à vélos. Robuste, imperméable, dimensionné pour couvrir plusieurs bicyclettes côte à côte, le dispositif ne demande que très peu de transformation. La pale est nettoyée, découpée si nécessaire, puis installée comme une voûte au-dessus d’un stationnement.

Le premier exemplaire a été posé en 2020 dans le port d’Aalborg, au nord du Danemark. Depuis, l’installation est devenue un symbole local, autant pour sa silhouette insolite que pour ce qu’elle représente.

Re‑Wind ne s’arrête pas à cette première application. L’entreprise explore déjà d’autres usages, comme la création de passerelles piétonnes à partir de pales recyclées, dont la rigidité en fait d’excellents éléments porteurs.

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