Publié le 26 juillet 2026 par Elodie Santos
Journée mondiale des mangroves : ce qu’il faut savoir sur ces forêts hors du commun

Chaque année, le 26 juillet, une journée internationale est consacrée aux mangroves. Une date instaurée par l’UNESCO pour braquer les projecteurs sur ces forêts littorales hors du commun, trop souvent méconnues du grand public, et pourtant au cœur des enjeux climatiques et écologiques de notre époque.

Des forêts entre terre et mer

Les mangroves sont des forêts côtières tropicales et subtropicales qui se développent à la frontière entre la terre et la mer. Elles prospèrent dans des sols gorgés d'eau, pauvres en oxygène, et baignés par l'eau salée, un environnement hostile où peu de végétaux peuvent survivre.

Cette prouesse est rendue possible grâce aux palétuviers, les arbres emblématiques des mangroves. Au fil de l'évolution, ils ont développé des adaptations remarquables. Certaines espèces déploient des racines aériennes, semblables à des échasses, qui leur permettent de capter l'oxygène directement dans l'air. D'autres filtrent le sel au niveau des racines ou l'éliminent grâce à des glandes situées sur leurs feuilles. De véritables champions de l'adaptation.

Les mangroves bordent près de 40 % des littoraux tropicaux de la planète, des côtes du Brésil à l'Asie du Sud-Est, en passant par l'Afrique de l'Ouest.

Le saviez-vous ? Grâce à ses territoires d'outre-mer, la France est le seul pays au monde à posséder des mangroves dans les trois grands océans : l'Atlantique (Martinique, Guadeloupe, Guyane), l'océan Indien (Mayotte, La Réunion) et le Pacifique (Nouvelle-Calédonie).

Des alliées indispensables pour la planète et les populations

Les mangroves rendent des services écosystémiques irremplaçables. Leurs impressionnants réseaux de racines dissipent l'énergie des vagues, protégeant ainsi les côtes de l'érosion, des tempêtes et des cyclones. Elles jouent également le rôle de filtres naturels en retenant les polluants et les particules en suspension avant qu'ils n'atteignent les récifs coralliens ou les herbiers marins.

Sur le plan climatique, les mangroves stockent des quantités de carbone bien supérieures à celles des forêts tropicales terrestres, non seulement dans leurs arbres mais aussi dans leurs sols organiques, qui peuvent accumuler du carbone pendant des millénaires. 

La biodiversité qu’elles abritent est tout aussi remarquable : nurseries pour de nombreuses espèces de poissons et de crustacés, refuges pour les oiseaux migrateurs, sanctuaires pour les lamantins ou crocodiles selon les régions. Et pour les communautés humaines qui les bordent, elles représentent une source d’alimentation, de revenus et un amortisseur naturel contre les catastrophes.

Un écosystème sous haute pression

Malgré leur importance vitale, les mangroves sont en déclin. L’UICN a récemment publié une liste rouge mondiale des mangroves au bilan alarmant : près de 50 % des écosystèmes de mangroves évalués sont aujourd’hui menacés, dont près d’un cinquième classé à haut risque d’effondrement. 

Le changement climatique, avec la montée des eaux et l’intensification des tempêtes, constitue désormais la première menace identifiée pour un tiers de ces écosystèmes. S’y ajoutent la déforestation, l’expansion de l’aquaculture industrielle, l’urbanisation côtière et la pollution.

En France, le Réseau d’Observation et d’Aide à la Gestion des Mangroves (ROM), coordonné par le Pôle-relais zones humides tropicales et porté par le Comité français de l’UICN, travaille à documenter, cartographier et protéger ces forêts dans les territoires ultramarins. En 2023, leurs relevés estimaient la surface nationale des mangroves à environ 87 945 hectares, dont plus de 60 % en Guyane.

Au-delà de la sensibilisation, le 26 juillet est un rappel de l'urgence à protéger ces écosystèmes fortement menacés.

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Source : 

https://uicn.fr/le-26-juillet-le-monde-celebre-la-journee-internationale-des-mangroves-un-ecosysteme-unique-et-vital-2/