Elle n’avait pas de laboratoire dernier cri. Juste un garage, une cuisine, et une question qui la taraudait depuis des mois. Mia Heller, 18 ans, lycéenne en Virginie, vient de mettre au point un système de filtration d’eau capable d’éliminer près de 96 % des microplastiques, sans produits chimiques, et en recyclant ses propres composants. On vous en dit plus.
Tout a commencé avec l’eau du robinet
En lisant un article de son journal local, Mia apprend que l’eau distribuée dans sa ville de Warrenton, en Virginie, est fortement contaminée : microplastiques et substances PFAS (les tristement célèbres “polluants éternels”) y ont été détectés en quantités préoccupantes. La réponse des autorités ? Aucun financement prévu. Chaque foyer se débrouille comme il peut.
Ses parents investissent alors dans un système de filtration domestique. Efficace, mais contraignant : les membranes filtrantes doivent être changées régulièrement. En voyant sa mère s’y atteler encore et encore, Mia en vient alors à s’interroger : serait-il possible de filtrer l’eau efficacement, mais sans recourir à ces membranes ?
Un liquide magnétique qui piège les microplastiques
L’innovation de Mia prend tout son sens grâce au ferrofluide, une huile magnétique un peu visqueuse qui s’accroche spontanément aux microplastiques dès qu’elle touche une eau contaminée. Comme cette huile réagit aux aimants, il devient ensuite très simple de la déplacer, de la récupérer et de la réutiliser.
Son prototype – un boîtier gros comme un sac de farine – repose sur trois compartiments. Le premier reçoit l’eau à filtrer. Le second contient le ferrofluide. Dans le troisième, un champ magnétique sépare les microplastiques de l’eau et récupère en même temps le ferrofluide, qui repart aussitôt dans le circuit. Le système tourne presque en boucle continue, ce qui évite les remplacements fréquents de filtres, un vrai point faible des solutions classiques.
Pour vérifier l’efficacité de son idée, Mia a fabriqué son propre capteur de turbidité, capable de mesurer précisément la quantité de particules dans l’eau. Ses tests affichent 95,52 % de microplastiques éliminés et 87,15 % du ferrofluide récupéré puis réutilisé.
À titre de comparaison, les stations municipales de traitement de l’eau se situent plutôt entre 70 et 90 %, avec des installations beaucoup plus lourdes et énergivores.
Une invention primée, et un avenir à construire
Le projet de Mia a été remarqué au Regeneron International Science and Engineering Fair 2025, la plus grande compétition scientifique pour lycéens au monde. Elle y a décroché un prix spécial de 500 dollars, remis par la Patent and Trademark Office Society.
Les spécialistes saluent son idée, tout en soulevant quelques questions : peut-on produire ce système à grande échelle ? Que deviennent les microplastiques une fois capturés ? Et comment gérer le coût du ferrofluide, encore élevé lorsqu’on en fabrique de grandes quantités ? Pour l’instant, Mia imagine surtout un usage domestique, installé sous l’évier, comme une version plus avancée d’un filtre Brita.
Mais pour une invention née dans un garage, portée par une lycéenne de 18 ans, c’est déjà une avancée prometteuse pour l’avenir de l’eau potable.
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