Publié le 26 mai 2026 par Elodie Santos
Face à l’effondrement des migrations, l’ONU protège quarante espèces menacées

La loutre géante du Brésil, le grand requin-marteau ou encore le harfang des neiges : quarante espèces migratrices viennent d’être ajoutées à la liste des animaux bénéficiant d’une protection internationale renforcée. Cette décision majeure a été annoncée à l’issue de la 15ᵉ Conférence des Parties (COP15) de la Convention sur la conservation des espèces migratrices (CMS), qui s’est tenue fin mars à Campo Grande, au cœur du Pantanal brésilien.

Des espèces emblématiques désormais sous protection

La liste adoptée par plus de 130 pays comprend des animaux très différents, mais tous confrontés à des menaces similaires : perte d’habitat, pollution, surexploitation, changement climatique.

Le harfang des neiges, victime du réchauffement arctique

Le harfang des neiges (Bubo scandiacus), rendu célèbre par la chouette Hedwige dans Harry Potter, a perdu un tiers de sa population mondiale en trente ans. Le réchauffement rapide de l’Arctique bouleverse la disponibilité de ses proies et perturbe ses cycles de reproduction.

La loutre géante du Brésil, sentinelle des rivières sud-américaines

La loutre géante (Pteronura brasiliensis), l’un des plus grands mustélidés du monde, vit dans les rivières du Pantanal et du sud de l’Amazonie. Elle subit de plein fouet la dégradation des zones humides, la pollution au mercure liée à l’orpaillage et la fragmentation des cours d’eau.

Sa protection internationale pourrait renforcer les efforts locaux déjà engagés pour préserver les milieux aquatiques.

Le grand requin-marteau, symbole d’un océan surexploité

Le grand requin-marteau (Sphyrna mokarran) figure parmi les espèces les plus menacées des océans. La pêche ciblée ou accidentelle, notamment pour le commerce d’ailerons, a fait chuter ses populations de manière dramatique.

La barge hudsonienne, marathonienne des airs

La barge hudsonienne (Limosa haemastica) parcourt jusqu’à 30 000 km par an, reliant l’Arctique canadien à la Patagonie. Mais ses haltes migratoires disparaissent les unes après les autres, transformant son voyage en course contre la montre.

Son classement parmi les espèces protégées pourrait favoriser la restauration de zones humides cruciales.

Des migrations qui s’effondrent

Un rapport publié juste avant la COP15 a jeté un froid : les migrations de poissons d’eau douce (anguilles, aloses, saumons) connaissent un effondrement historique.

  • 49 % des espèces migratrices suivies par la Convention sont en déclin,
  • une sur quatre est menacée d’extinction.

Barrages, pollution, surpêche, fragmentation des rivières… Les causes sont multiples, mais le résultat est le même : des trajets millénaires deviennent impossibles.

Le changement climatique ajoute une couche supplémentaire d’incertitude. Certaines espèces arrivent trop tôt, d’autres trop tard. Les ressources ne sont plus là. Les cycles se décalent. « Elles ne retrouvent plus ce qui les attendait autrefois », résume João Paulo Capobianco, président de la COP15.

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