En Chine, des robots débarquent sur les plages pour récupérer les déchets

Sur les plages du sud de la Chine, un nouveau type de « saisonnier » intrigue les promeneurs. Pas de chapeau ni de crème solaire : seulement des chenilles métalliques et une batterie bien chargée. Des robots autonomes patrouillent désormais le littoral de Hainan pour dénicher les déchets enfouis dans le sable. Face à la prolifération des microplastiques et à la difficulté de maintenir des plages propres toute l’année, la province mise sur la technologie pour préserver un écosystème particulièrement fragile.

Des robots autonomes pour nettoyer les plages

Sur l’île tropicale de Hainan, au sud de la Chine, les plages sont devenues le nouveau terrain d’expérimentation de la robotique environnementale. À l’occasion d’un projet pilote lancé en marge du Forum de Boao pour l’Asie, un robot autonome baptisé Jietan Weishi S3 a été déployé pour nettoyer le littoral… et les résultats sont impressionnants.

Conçu par l’Institut de recherche de Hainan de l’Université Jiao Tong de Shanghai, ce robot 100 % électrique ressemble à un petit véhicule chenillé, compact et redoutablement efficace. Son objectif est de traquer les déchets qui s’accumulent dans le sable et menacent les écosystèmes côtiers.

Une efficacité impossible à atteindre manuellement

Là où les équipes humaines doivent travailler lentement, sous un soleil écrasant, le robot avance sans relâche. Il pénètre jusqu’à 12 cm de profondeur, tamise le sable et capture les déchets les plus difficiles à repérer  :

Sa précision atteint 5 millimètres, ce qui lui permet de repérer des résidus quasiment invisibles à l’œil nu. Une fois le nettoyage effectué, il lisse le sable, laissant derrière lui une plage impeccable.

Selon ses concepteurs, le Jietan Weishi S3 travaille 6 à 10 fois plus vite qu’une équipe humaine, sans bruit, sans fatigue et sans émissions polluantes. Une avancée technologique qui répond à un enjeu majeur : les plages sont parmi les milieux les plus touchés par les déchets plastiques, et leur nettoyage manuel est coûteux, long et parfois inefficace.

Un soutien aux travailleurs, pas un remplacement

L’objectif n’est pas de substituer les équipes de nettoyage, mais de les épauler. Le robot prend en charge les tâches les plus pénibles et répétitives, tandis que les travailleurs peuvent se concentrer sur des interventions plus fines : identifier des déchets sensibles ou intervenir là où la machine ne peut pas passer. Une manière de rendre le nettoyage plus sûr, plus rapide et plus durable.

En Europe aussi, les robots nettoyeurs arrivent : l’exemple de Valencia

L’Europe n’est pas en reste. À Valencia, en Espagne, un robot autonome équipé d’intelligence artificielle a été testé sur la plage de la Malvarrosa. Capable de cartographier le terrain, d’éviter les serviettes et les baigneurs, et de fonctionner même de nuit ou sous la pluie, il représente une nouvelle génération de robots autonomes.

Avec une autonomie de 7 heures, une capacité de nettoyage de 5 km² par charge et un système de vision artificielle avancé, ce robot espagnol illustre l’intérêt croissant des villes européennes pour des solutions technologiques au service de l’environnement.

Valencia, devenue « ville laboratoire » grâce à une réglementation pionnière, ouvre ainsi la voie à une adoption plus large de ces machines dans les années à venir.

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