L'Office Française de la Biodiversité (OFB) définit la biodiversité de la manière suivante : “la biodiversité désigne l’ensemble des êtres vivants ainsi que les écosystèmes dans lesquels ils vivent. Ce terme comprend également les interactions des espèces entre elles et avec leurs milieux.” L’existence de la biodiversité est aussi ancienne que l’existence de la Planète Terre qui fête cette année ses 4,543 milliards d'années.
💡Le saviez-vous ? La première forme de vie apparue sur Terre était uniquement cellulaire : des bactéries ou des archées.
Malgré l’ancienneté de la biodiversité, le concept en lui-même n'a été reconnu, en France, que dans les années 1980. En 1992, c’est pour la première fois, que les institutions et les scientifiques reconnaissent “l’importance de la conservation de la biodiversité pour l’ensemble de l’humanité”, dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique, signée lors du sommet de la Terre de Rio de Janeiro.
Comment se construit la biodiversité ?
La biodiversité repose sur trois caractéristiques fondamentales, qui sont intimement liées entre elles. Plus ces éléments interagissent, plus la biodiversité devient résiliente, fonctionnelle et capable de s’adapter aux perturbations, qu’elles soient d’origine naturelle ou humaine. Les 3 piliers de la biodiversité sont les suivants :
- L'écosystème
- La diversité des espèces
- La diversité génétique
En somme, la biodiversité, c’est la diversité au sein des écosystèmes.
La diversité des écosystèmes
Dans la nature, chaque écosystème, des forêts tropicales, aux récifs coralliens, en passant par les prairies, abrite des organisations vivantes comprenant notamment certaines espèces animales et joue son rôle dans le cycle global de la vie. Les interactions entre le climat, le sol, l’eau, les espèces et l’environnement physique forment un tissu d’interdépendances. Un écosystème en bonne santé fournit des services écologiques essentiels dont la filtration de l’eau, la pollinisation, le stockage du carbone, la régulation du climat, bien plus qu’utiles aux humains que nous sommes.
La diversité des espèces
Dans la nature, la diversité des espèces désigne la variété d'espèces vivantes dans un écosystème donné. Elles peuvent être des animaux, des plantes, des champignons, des bactéries, et bien d’autres. Chaque espèce occupe une niche écologique particulière et participe à l’équilibre du système (prédateurs, pollinisateurs, décomposeurs, etc.). Plus un écosystème accueille d'espèces différentes, plus il est stable et capable de faire face à un changement ou à la disparition d'une espèce.
La diversité génétique
Elle reflète la variété des gènes au sein d'une même espèce. Cette diversité permet notamment aux populations de s’adapter à leur environnement dans la nature (ex : résistance aux maladies, à la sécheresse...) La diversité génétique est la clé de l’évolution : elle permet aux espèces d’évoluer face aux pressions environnementales.
À l’inverse, la consanguinité ou l’érosion génétique, fragilisent les populations. Par exemple, les ours des Pyrénées font face à un important problème de génétique qui pourrait fragiliser leur population dans les années futures.
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Finalement, ce qu’il faut comprendre, c’est que plus ces caractéristiques sont liées, plus la biodiversité est dense et puissante face aux quelconques risques naturels ou humains qui par leur activité produisent du gaz à effet de serre.
L’exemple de l'Amazonie, un véritable poumon de biodiversité
Abritant 25% de la biodiversité mondiale, l’Amazonie possède un patrimoine naturel exceptionnel. Cette jungle est sans doute l’un des endroits qui comptent le plus d'organismes vivants de la planète. Cette vaste nature abrite une incroyable biodiversité. Une diversité de formes de vie avec une multitude d’écosystèmes imbriqués, des milliers d’espèces animales et végétales, et une richesse génétique stupéfiante. Rien n’y est figé. Tout est en interaction, en mouvement, en équilibre.
Dans cette jungle, les lianes grimpent du sol jusqu’à la canopée, formant des ponts végétaux qui relient les arbres entre eux. Elles aident à maintenir debout ces géants feuillus, parfois très imposants, qui à leur tour nourrissent les herbivores avec leurs graines, feuilles et fruits. Les vignes s’enchevêtrent, les herbes prolifèrent, et tout ce réseau végétal crée un habitat propice à une foule d’espèces minuscules, mais essentielles.
Les insectes, par exemple, jouent un rôle fondamental. Ils pollinisent, décomposent les feuilles mortes, enrichissent le sol et rendent possible la croissance des plantes. À chaque étage de la forêt, du sous-bois jusqu’à la cime, la vie circule, se transmet et s’entretient. C’est un immense système vivant, fait de milliers de petites connexions invisibles à l’œil nu.
Dans cet enchevêtrement de vie, chaque espèce compte. Chaque lien apporte au suivant. La forêt amazonienne fonctionne comme un tissu de biodiversité : dense, souple, interconnecté. Dans le cas de tels écosystèmes, la disparition d’une espèce ne peut affecter immédiatement l’ensemble.
Mais dans d’autres cas, un seul fil tiré peut faire vaciller l’équilibre entier. C’est ce qui se produit notamment dans les écosystèmes plus fragiles, comme les récifs coralliens. Là-bas, la perte d’un seul organisme, un poisson, un corail, une algue, peut entraîner une réaction en chaîne irréversible. En fait, contrairement à l’Amazonie, certains milieux ont une capacité de résilience bien plus limitée.
💡 Le saviez-vous ? En 6ème place, la France est le pays qui héberge le plus grand nombre d'espèces menacées : 1 606 espèces menacées sont accueillies sur territoire français.
Pourquoi la biodiversité est-elle essentielle à la vie sur Terre ?
La biodiversité constitue la base même de notre survie : elle nous nourrit, nous soigne, nous protège. Sans elle, la Terre perdrait ses couleurs, ses voix, ses battements. La biodiversité, c’est elle qui donne souffle, rythme et sens à la vie.
Comment la biodiversité impact notre santé ?
Les balades en forêts ne sont pas un mythe, elles sont même essentielles pour la santé du corps et de l’esprit. En marchant dans la nature, pratique connue sous le nom de forest bathing, on observe une baisse du taux de cortisol, une réduction de la tension artérielle, un renforcement des défenses immunitaires, ainsi qu’une amélioration notable de l’humeur, de la concentration et du bien-être en général sur les marcheurs.
Comment la biodiversité nous nourrit ?
Manger, c’est un geste quotidien, presque automatique. Pourtant, derrière chaque repas, il y une réalité : si nous consommons des aliments tous les jours, c’est grâce à la biodiversité. Les fruits, les légumes, les céréales, les viandes, les poissons, et les épices, et toutes les denrées proviennent du vivant. Depuis des millénaires, les humains cultivent, pêchent, élèvent et transforment les espèces autour d’eux. En sélectionnant certaines variétés animales et végétales, ils ont au fil du temps enrichi cette diversité.
Découvrir le monde et préserver la biodiversité, c’est possible
Profiter des espaces que la nature nous offre est possible, à condition de ne pas les détruire. Cela est un véritable enjeu qu’il est important de comprendre. Il faut savoir accepter que si certains milieux naturels et animaux sont protégés, c’est pour une raison bien précise : celle de les préserver. C’est d’ailleurs pour cela que des parcs nationaux en faveur de la biodiversité existent.
💡Le saviez-vous ? Le patrimoine culturel de la France compte aujourd’hui onze parcs nationaux (aires protégées), répartis entre hexagone et outre-mer. Du plus ancien, celui de la Vanoise créé en 1963, au plus récent, le Parc national de forêts inauguré en 2019, ces territoires protégés incarnent la richesse et la diversité des paysages français. On y retrouve des espaces naturels exceptionnels dédiés à la préservation du vivant comme Port-Cros, les Pyrénées, les Cévennes, les Écrins, le Mercantour, la Guadeloupe, La Réunion, la Guyane, les Calanques.
Pourquoi est-il urgent d’agir pour la biodiversité ?
Même si les écosystèmes peuvent sembler permanents, ils sont en réalité vulnérables. Par exemple : un événement cataclysmique pourrait se produire et la chute d’un astéroïde qui pourrait amener une jungle à se transformer en un désert et un récif corallien en une roche sans vie.
🦖 Pour rappel : selon les scientifiques, c’est un astéroïde qui a détruit l'entièreté de l'écosystème des dinosaures durant la période Mésozoïque, il y 66 millions d’années.
Aujourd’hui, l’urgence ne vient plus de l’espace, mais de nous-mêmes. Selon l’Observatoire national de la biodiversité, co-piloté par l’OFB, seuls 20 % des milieux naturels en France métropolitaine restent en bon état, et une espèce sur cinq est menacée d’extinction sur le territoire français. Ces chiffres ne distillent rien d’illusoire : ils montrent que la nature se détériore à petit feu.
Quelles sont les causes principales ? Elles sont principalement toutes liées aux activités humaines : fragmentation des habitats, artificialisation des sols, pollutions, surexploitation des ressources, introduction d’espèces exotiques envahissantes et changement climatique. Chacun de ces facteurs mine l’équilibre des écosystèmes, de manière cumulative et souvent irréversible.
La plateforme intergouvernementale IPBES (une sorte de GIEC dédié à la biodiversité) est on ne peut plus claire : l’effondrement du vivant est bien en cours, un million d’espèces animales et végétales à l’échelle mondiale sont menacées d’extinction à court terme, et les trajectoires actuelles ne permettront pas d’inverser ce déclin sans réformes radicales.
Face à ces tendances alarmantes, l’Office français de la biodiversité rappelle qu’il est encore possible d’agir, mais il faut que l’action soit massive, collective, et urgente.
À l’échelle nationale, la Stratégie nationale biodiversité 2030 a officiellement pour ambition de stopper puis inverser l’effondrement du vivant, en réduisant les pressions sur la nature, restaurant les milieux dégradés, mobilisant tous les acteurs et garantissant les moyens nécessaires à ces objectifs.
Sans cet engagement fort, via des politiques publiques, des projets de conservation, et la mobilisation de tous les publics, les conséquences seront lourdes. D’après la Banque mondiale, la dégradation des principaux écosystèmes pourrait coûter jusqu’à 2 700 milliards de dollars par an d’ici 2030, soit 2,3 % du PIB mondial.
En résumé : agir contre la perte de la biodiversité, ce n’est pas un luxe. C’est une urgence, un impératif pour préserver notre environnement, notre santé, notre économie et bien sûr l’avenir de la vie sur Terre.
Comment préserver la biodiversité ?
Mieux comprendre pour mieux agir
Pour commencer, il faut mieux comprendre les enjeux. L’accès à des données fiables sur la biodiversité, les services écosystémiques ou les changements climatiques est essentiel pour prendre des décisions d’actions. Des outils existent, comme la Liste rouge des espèces menacées ou les plateformes de sciences participatives. En France, des programmes menés par l’Office français de la biodiversité permettent au grand public de s’informer, d’observer la nature, et même de contribuer à la collecte de données scientifiques.
Agir sur nos territoires
Les parcs naturels, les zones humides, les cours d’eau, les espaces marins et terrestres sont au cœur de la biodiversité locale. Il est possible de protéger et même de restaurer la nature en soutenant des projets de gestion durable dans sa commune ou sa région. Que ce soit à travers une association, une collectivité ou une entreprise, les leviers d’action sont nombreux. Cela passe par une meilleure gestion des ressources naturelles, la restauration d’écosystèmes dégradés, ou encore la limitation de l’artificialisation des sols.
Des choix du quotidien qui comptent
Chaque geste compte. Manger local et de saison, privilégier une agriculture respectueuse de l’environnement, réduire le gaspillage alimentaire ou sa consommation d’eau, limiter les produits issus de la surexploitation des ressources : des décisions individuelles participent à la transition écologique. Le pouvoir d’agir passe aussi par nos choix en tant que citoyen : soutenir la mise en place de politiques publiques qui ont du sens (pas comme la Loi Duplomb), encourager les marchés publics durables, et prendre en compte la biodiversité dans l’ensemble des décisions, qu’elles soient économiques, sociales ou culturelles.
Vers une société plus résiliente
Lutter contre le réchauffement climatique, protéger la biodiversité, restaurer les milieux naturels, permettre à la nature de se régénérer : ces objectifs ne sont pas dissociables. Ils s’inscrivent dans un plan global de développement durable, pensé à travers les territoires, les océans, les forêts et les villes. La France, riche de ses parcs nationaux, de ses espèces marines, de ses ressources naturelles et de ses savoir-faire, a, elle aussi, son rôle à jouer. Mais c’est aussi à chacun d’entre nous de faire sa part. Aller plus loin, c’est prendre en compte la nature dans chaque décision. C’est refuser l’inaction. Et c’est, surtout, permettre à la vie de continuer à prospérer, sur Terre.